Les cartons sont faits, l’un de vous deux part. Et dès le premier soir, la même question revient : chez qui dorment les enfants la semaine prochaine ? Pour les couples non mariés, aucun divorce ne vient poser de cadre. C’est à vous de le construire.
Ce guide se concentre sur les démarches concrètes : se mettre d’accord, faire valider cet accord, saisir le juge si le dialogue est rompu. Il vaut pour les parents en concubinage ou pacsés, et en grande partie pour les couples mariés.
Pour la vue d’ensemble des notions (autorité parentale, droit de visite, types de résidence), consultez aussi notre article sur le droit de garde des enfants en cas de séparation ou de divorce.
On ne parle plus vraiment de « garde »
Le mot reste dans toutes les conversations, mais le Code civil ne l’emploie plus. Depuis la loi du 4 mars 2002, on parle de résidence de l’enfant et de droit de visite et d’hébergement.
Ce changement n’est pas cosmétique. La loi pose que les deux parents exercent en principe ensemble l’autorité parentale, même séparés, dès lors que la filiation est établie à l’égard des deux. Le parent chez qui l’enfant ne vit pas garde donc son mot à dire sur l’école, la santé, la religion.
La même loi a reconnu la résidence alternée. Elle n’est ni un droit automatique ni une règle par défaut : c’est une option parmi d’autres.
Les trois formules possibles
| Formule | Concrètement | À quoi penser |
|---|---|---|
| Résidence chez un parent | L’enfant vit chez l’un, l’autre a un droit de visite et d’hébergement | Rythme des week-ends et des vacances |
| Résidence alternée | Partage du temps, souvent une semaine sur deux | Proximité des logements et de l’école |
| Formule sur mesure | Rythme adapté (par exemple 2-2-3 pour les petits) | Bonne entente indispensable |
À mon sens, la meilleure formule est celle que vous pourrez tenir dans la durée. Un calendrier parfait sur le papier qui explose au premier changement d’emploi ne sert à personne.
Pensez aussi aux trajets, source classique de tensions. La question de savoir qui prend en charge les trajets du droit de visite mérite d’être réglée dès le départ.
Vous êtes d’accord : faites homologuer votre convention
Rien ne vous oblige à passer devant un juge. Un accord oral peut fonctionner pendant des années.
Mais il ne protège personne le jour où il se brise. Ni le parent qui verse une pension, ni celui qui la reçoit, ni l’enfant.
La solution : rédiger une convention qui fixe la résidence, le droit de visite, la répartition des vacances et la contribution à l’entretien de l’enfant, puis la soumettre au juge aux affaires familiales pour homologation. Une fois homologuée, elle a la même force qu’un jugement.
Le juge vérifie surtout que l’accord préserve l’intérêt de l’enfant et que le consentement de chacun est libre. Il peut refuser l’homologation s’il estime que ce n’est pas le cas.

Vous n’êtes pas d’accord : médiation puis juge
Avant d’aller au tribunal, une médiation familiale vaut souvent le détour. Un médiateur neutre aide à rouvrir le dialogue. Dans certains tribunaux, une tentative de médiation est même obligatoire avant de demander la modification d’une décision existante.
Si la médiation échoue, vous saisissez le juge aux affaires familiales du lieu de résidence de l’enfant. Pour une demande portant sur l’autorité parentale hors divorce, l’avocat n’est pas obligatoire. Il reste fortement conseillé quand le conflit est vif.
Pour trancher, le juge regarde notamment :
- la pratique suivie jusque-là par les parents
- les sentiments exprimés par l’enfant, s’il est entendu
- l’aptitude de chacun à respecter les droits de l’autre
- les résultats d’une éventuelle enquête sociale ou expertise
L’enfant capable de discernement peut demander à être entendu par le juge. Ce n’est pas lui qui décide, et il ne doit pas porter ce poids.
Et si la décision ne vous convient pas, un recours existe. Les règles pour faire appel d’un jugement aux affaires familiales sont strictes, notamment sur le délai.

La pension alimentaire, même en alternance
Chaque parent contribue à l’entretien et à l’éducation de l’enfant selon ses ressources et celles de l’autre. Cette contribution, qu’on appelle pension alimentaire, peut exister même en résidence alternée si les revenus sont très différents.
Le ministère de la Justice publie une table de référence indicative. Notre guide sur le calcul de la pension alimentaire explique comment la lire.
Depuis 2023, le versement passe en principe par l’intermédiation financière de la CAF ou de la MSA (service ARIPA) pour les nouvelles décisions qui fixent une pension. Les deux parents peuvent la refuser ensemble, sauf exceptions. Franchement, ce système évite bien des disputes sur les retards de paiement.
Quand la situation change
Un nouveau travail, un déménagement, un enfant qui grandit et veut vivre ailleurs : l’organisation peut toujours être revue, à l’amiable ou par le juge.
Le déménagement est le cas le plus sensible. Le parent qui change de résidence doit prévenir l’autre à l’avance dès que ce changement modifie l’exercice de l’autorité parentale. Les règles sont détaillées dans notre article sur le déménagement du parent qui a la garde.
Questions fréquentes sur la garde des enfants après une séparation
Les parents non mariés doivent-ils passer devant le juge pour la garde ?
Non, ce n’est pas obligatoire. Vous pouvez vous organiser à l’amiable. Faire homologuer votre accord par le juge aux affaires familiales lui donne cependant la force d’un jugement en cas de désaccord futur.
Faut-il un avocat pour saisir le juge aux affaires familiales ?
Pour une demande sur l’autorité parentale ou la résidence de l’enfant hors divorce, l’avocat n’est pas obligatoire. Il reste conseillé si le conflit est important ou si l’autre parent est lui-même représenté.
La résidence alternée supprime-t-elle la pension alimentaire ?
Pas forcément. Si les revenus des parents sont très différents, le juge peut fixer une contribution à la charge de celui qui gagne le plus, même en alternance.
À quel âge un enfant peut-il choisir chez quel parent vivre ?
Aucun âge ne lui donne ce choix. L’enfant capable de discernement peut demander à être entendu par le juge, qui tient compte de son avis sans être lié par lui.







