Elle crie, casse, frappe parfois. Et vous n’en parlez à personne, parce que vous ne savez pas comment le dire sans qu’on rie ou qu’on doute de vous.
Les violences conjugales touchent aussi des hommes. La loi française ne fait aucune différence selon le sexe de la victime ou de l’auteur. Le même Code pénal, les mêmes juges, la même protection.
Ce guide s’adresse à vous si vous subissez ces violences, ou si vous accompagnez un proche dans cette situation. Il recense les numéros utiles, les démarches et les protections que vous pouvez demander.

Pourquoi tant d’hommes se taisent
La honte arrive en premier. L’idée qu’un homme « devrait savoir se défendre » reste tenace, y compris chez les victimes elles-mêmes.
Vient ensuite la peur de ne pas être cru. Beaucoup redoutent qu’on retourne la situation contre eux, surtout quand ils sont physiquement plus forts que leur compagne ou leur compagnon. Certains craignent aussi de perdre le contact avec leurs enfants s’ils partent.
Ces freins sont compréhensibles. Mais ils ne changent rien au droit : une gifle reste une violence, et un contrôle permanent reste du harcèlement, quel que soit le sexe de la victime.
Les violences que la loi reconnaît
Les violences au sein du couple ne se limitent pas aux coups. Le droit pénal couvre plusieurs situations :
- les violences physiques (coups, griffures, objets lancés, bousculades)
- le harcèlement moral au sein du couple, puni par l’article 222-33-2-1 du Code pénal
- les menaces, les insultes répétées et les humiliations devant des tiers
- les violences sexuelles, y compris entre époux
- le contrôle économique ou numérique (confiscation des moyens de paiement, surveillance du téléphone)
Le fait que l’auteur soit le conjoint, le concubin ou le partenaire de PACS, actuel ou ancien, constitue une circonstance aggravante. Les peines encourues sont donc plus lourdes que pour les mêmes faits commis par un inconnu.
La violence psychologique est souvent la plus difficile à nommer. Pour repérer ses signes et ses mécanismes, lisez notre article sur le harcèlement moral dans le couple.
Les numéros à connaître
En cas de danger immédiat, appelez le 17 (police ou gendarmerie) ou le 112. Si parler est risqué parce que l’auteur est à côté de vous, le 114 permet de joindre les secours par SMS.
Hors urgence, le 116 006 est le numéro national d’aide aux victimes. Il est gratuit et ouvert tous les jours. Les écoutants vous orientent vers l’association France Victimes la plus proche, qui peut vous accompagner dans vos démarches.
Des associations spécialisées dans l’accueil des hommes victimes existent aussi, comme SOS Hommes Battus. Elles proposent une écoute et un premier soutien, souvent par téléphone ou par messagerie.
Si vous devez quitter le domicile en urgence, le 115 gère l’hébergement d’urgence.
Porter plainte et rassembler des preuves
Vous pouvez déposer plainte dans n’importe quel commissariat ou gendarmerie, ou écrire au procureur de la République. Les forces de l’ordre sont tenues de recevoir votre plainte.
Le dossier se construit avec des éléments concrets. Prenez rendez-vous chez un médecin dès que possible après une agression, même si les blessures vous paraissent légères. Le certificat médical, avec une éventuelle incapacité totale de travail, pèsera lourd.
Conservez aussi :
- les messages, mails et messages vocaux menaçants ou insultants
- les photos de vos blessures et des objets cassés, datées
- les attestations de voisins, amis ou collègues témoins
- la liste datée des incidents, tenue au fil de l’eau
Pas prêt à porter plainte ? Une main courante laisse une trace officielle sans déclencher de poursuites. Ce n’est pas une plainte, mais elle pourra servir plus tard.
La démarche ressemble beaucoup à celle d’une plainte pour harcèlement en dehors du couple. Les étapes sont détaillées dans notre guide pour porter plainte pour harcèlement moral dans la vie privée.
L’ordonnance de protection, une solution rapide
L’ordonnance de protection est délivrée par le juge aux affaires familiales lorsque des violences rendent vraisemblable un danger pour vous ou vos enfants (articles 515-9 et suivants du Code civil). Elle ne suppose pas de plainte préalable.
Le juge statue dans un délai maximal de six jours à compter de la fixation de la date d’audience. Il peut notamment :
- interdire à l’auteur d’entrer en contact avec vous
- vous attribuer la jouissance du logement commun
- organiser provisoirement la résidence des enfants et le droit de visite
- interdire à l’auteur de détenir une arme

À mon sens, c’est l’outil le plus sous-utilisé par les hommes victimes. Beaucoup pensent qu’il est réservé aux femmes. C’est faux.
L’assistance d’un avocat n’est pas obligatoire pour la demander, mais elle aide beaucoup à présenter les preuves. Notre article sur le rôle de l’avocat en matière de violences conjugales explique ce qu’il peut faire pour vous. Selon vos ressources, l’aide juridictionnelle peut prendre ses honoraires en charge.
Et les enfants ?
Partir ne vous fait pas perdre vos droits de parent. L’autorité parentale continue d’être exercée en commun, et le juge tient compte des violences d’un parent sur l’autre pour organiser la résidence des enfants.
Le même cadre s’applique aux femmes victimes, avec les mêmes outils. Notre article consacré aux droits et recours des femmes battues en détaille la version la plus connue.
Mon conseil : si vous quittez le domicile avec les enfants, saisissez rapidement le juge aux affaires familiales pour faire fixer leur résidence. Cela évite qu’on vous reproche plus tard un départ unilatéral.
Questions fréquentes sur les hommes victimes de violences conjugales
Un homme peut-il obtenir une ordonnance de protection ?
Oui. Les articles 515-9 et suivants du Code civil visent les violences au sein du couple sans distinction de sexe. Le juge aux affaires familiales peut la délivrer même si aucune plainte n’a été déposée.
La police peut-elle refuser ma plainte ?
Non. Les services de police et de gendarmerie sont tenus de recevoir les plaintes des victimes d’infractions (article 15-3 du Code de procédure pénale). Si l’accueil se passe mal, vous pouvez aussi écrire directement au procureur de la République.
Quel numéro appeler si je suis en danger immédiat ?
Composez le 17 ou le 112. Si vous ne pouvez pas parler sans risque, le 114 permet d’alerter les secours par SMS. Pour être écouté et orienté hors urgence, le 116 006 est gratuit et ouvert tous les jours.
Les violences psychologiques sont-elles punies comme les coups ?
Le harcèlement moral au sein du couple est un délit à part entière (article 222-33-2-1 du Code pénal). Humiliations répétées, contrôle permanent, menaces : ces faits peuvent être poursuivis même sans aucune trace physique.








Bonjour
J aurai souhaité être contacté pour discuter de ma situation aujourd’hui sans issus …
Dans le but de me conseiller au mieux .
Merci
Cdlt
Mr Lecomte
Peut-être que via cette association vous pourrez trouver appui : https://soshommesbattus.org/
Je vous souhaite le meilleur rétablissement possible.
Bordel ! Mais ne faite pas un article qui annonce « comment obtenir de l’aide » sans donner de solution ! Ce n’est pas juste cynique, c’est aussi sadique
bonjour
je vous contacte pour mon fils qui est en grande difficulté relationnel avec sa femme , tous les deux souhaite se separés mais cela se passe tres mal entre eux et mon fils est l’objet d’agressivité , d’arcellements moral et de provocations de façon permanente , pouvez vous me communiquer des associations ou centres d’aide qui pourrant le conseiller dans ses droits et l attitude qu’ il doit adopter dans de pareilles circonstances … Sachant qu’ils vivent dans l’ariege a quelques kilometres de foix prefecture du departement
cordialement