Vous embauchez votre premier salarié et le devis du cabinet comptable vous fait tiquer. Entre le salaire brut convenu et ce que l’embauche vous coûte vraiment, l’écart est large. Il porte un nom : les cotisations patronales.
Ces sommes sont dues par l’employeur, en plus du salaire. Elles financent la protection sociale du salarié : santé, retraite, chômage, accidents du travail, famille.
Ce guide s’adresse aux employeurs, petits ou grands. Il liste les cotisations, explique leur calcul et fait le point sur les allègements en vigueur depuis la réforme de 2026.

Cotisations patronales et salariales : la différence
Sur un bulletin de paie, chaque ligne de cotisation comporte souvent deux colonnes. La part salariale est retenue sur le brut du salarié et fait passer celui-ci au net. La part patronale, elle, s’ajoute au brut et reste à votre charge.
Le coût total d’un salarié se lit donc ainsi : salaire brut, plus cotisations patronales, moins les éventuels allègements.
La plupart de ces sommes sont versées à l’Urssaf, qui centralise le recouvrement. Les cotisations de retraite complémentaire vont, elles, à l’Agirc-Arrco.
La liste des cotisations patronales
Les taux évoluent régulièrement et certains dépendent de votre entreprise. Ils sont donc volontairement absents du tableau. Consultez la liste à jour publiée par l’Urssaf avant tout calcul.
| Cotisation | Ce qu’elle finance | Particularité |
|---|---|---|
| Assurance maladie, maternité, invalidité, décès | Remboursements de soins, indemnités journalières | Calculée sur la totalité du salaire |
| Assurance vieillesse | Retraite de base | Une part plafonnée, une part sur la totalité |
| Allocations familiales | Prestations familiales | Taux réduit supprimé depuis 2026, sauf dispositifs spécifiques |
| Accidents du travail et maladies professionnelles | Indemnisation des sinistres | Taux propre à l’activité et à l’effectif |
| Assurance chômage et AGS | Allocations chômage, garantie des salaires | Bonus-malus dans certains secteurs |
| Retraite complémentaire Agirc-Arrco | Pension complémentaire | Par tranches de salaire |
| Fnal, CSA, dialogue social | Logement, autonomie, organisations syndicales | Contributions de faible montant |
| Formation professionnelle, taxe d’apprentissage | Formation et apprentissage | Taux selon l’effectif |
| Versement mobilité | Transports en commun | À partir de 11 salariés, selon la commune |
À cela s’ajoutent des obligations qui ne passent pas toutes par l’Urssaf. La complémentaire santé collective doit être financée au moins pour moitié par l’employeur. La prévoyance des cadres impose aussi une cotisation patronale minimale. Votre convention collective peut prévoir des garanties supplémentaires, à vérifier ligne par ligne.

Comment se calcule une cotisation patronale
Le calcul repose sur une assiette et un taux. L’assiette, c’est la rémunération brute : salaire de base, primes, heures supplémentaires, avantages en nature. Le taux, c’est le pourcentage fixé pour chaque cotisation.
Deux types d’assiette coexistent :
- la totalité du salaire, pour la maladie ou les allocations familiales
- une part plafonnée, limitée au plafond annuel de la sécurité sociale, pour une partie de la vieillesse
Le taux accidents du travail mérite une attention particulière. Il dépend de votre activité et, au-delà d’un certain effectif, de votre propre sinistralité. Chaque accident du travail reconnu peut donc peser sur vos cotisations des années suivantes. La prévention a un effet direct sur la masse salariale.
Franchement, peu de dirigeants de TPE calculent eux-mêmes ces lignes. Le logiciel de paie ou l’expert-comptable s’en charge. Mais comprendre la mécanique vous aide à vérifier un devis ou une simulation d’embauche.
RGDU et autres allègements : ce qui a changé en 2026
Depuis le 1er janvier 2026, l’ancienne réduction générale des cotisations patronales (souvent appelée réduction Fillon) a été remplacée par la réduction générale dégressive unique, dite RGDU.
Elle fonctionne ainsi : la réduction est maximale pour un salaire au niveau du Smic. Elle diminue progressivement jusqu’à s’éteindre à 3 Smic. Les anciens taux réduits d’assurance maladie et d’allocations familiales ont été supprimés, sauf pour certains dispositifs spécifiques comme les exonérations outre-mer ou les zones France ruralités revitalisation.
D’autres aides existent selon votre situation :
- exonérations liées à l’implantation dans certaines zones
- dispositifs propres aux jeunes entreprises innovantes
- déduction forfaitaire sur les heures supplémentaires pour les entreprises de moins de 250 salariés
- aides ponctuelles à l’embauche, dont les conditions changent souvent
Mon conseil : demandez chaque année à votre gestionnaire de paie si un dispositif s’applique à vous. Ces aides ne sont pas toujours appliquées d’office.

Déclarer, payer et éviter un redressement
Tout commence avant la première paie, avec la déclaration préalable à l’embauche. Ensuite, les cotisations sont déclarées chaque mois via la déclaration sociale nominative (DSN).
La date limite dépend de votre effectif. Les entreprises d’au moins 50 salariés déclarent et paient au plus tard le 5 du mois suivant. Les autres ont jusqu’au 15.
En cas de retard, l’Urssaf applique des majorations. Un contrôle peut aussi aboutir à un redressement, en principe sur les trois dernières années et l’année en cours. Les erreurs les plus fréquentes portent sur les avantages en nature, les frais professionnels mal justifiés et les allègements mal calculés.
Et un point souvent oublié : ne pas déclarer un salarié ou une partie de ses heures relève du travail dissimulé, puni de sanctions pénales et de la perte des allègements. Pour les activités exposées à certains facteurs de risque, pensez aussi aux obligations liées à la pénibilité.

Questions fréquentes sur les cotisations patronales
Quelle est la différence entre charges patronales et cotisations patronales ?
Dans le langage courant, les deux expressions désignent la même chose. Le terme officiel est cotisations patronales, puisqu’il s’agit de contributions qui ouvrent des droits sociaux au salarié.
Qu’est-ce que la RGDU ?
La réduction générale dégressive unique remplace depuis le 1er janvier 2026 l’ancienne réduction générale de cotisations patronales. Elle est maximale au niveau du Smic et s’annule à partir de 3 Smic.
Quand payer les cotisations patronales ?
Elles sont déclarées et payées chaque mois via la DSN. L’échéance tombe le 5 du mois suivant pour les entreprises d’au moins 50 salariés et le 15 pour les autres.
Où trouver les taux de cotisations à jour ?
L’Urssaf publie la liste des cotisations et leurs taux sur son site. Les taux de retraite complémentaire sont fixés par l’Agirc-Arrco, et le taux accidents du travail est notifié à chaque entreprise.







