Votre fils de 15 ans veut servir des glaces cet été. Vous, salarié en congés payés, hésitez à accepter une mission en extra pour arrondir le mois. Et votre manager vient de vous demander si vous pourriez « jeter un œil aux mails » pendant votre semaine à la mer.
Trois situations, trois jeux de règles. Travailler pendant les vacances n’a pas le même sens selon que vous êtes un jeune en quête d’un premier job, un salarié qui cumule ou un salarié que l’on sollicite pendant son repos.

Le job d’été des jeunes : ce que dit la loi
Le cas le plus courant reste l’emploi saisonnier d’un lycéen ou d’un étudiant. Cueillette, animation, restauration, accueil touristique : ces postes prennent la forme d’un CDD, souvent un contrat saisonnier.
Un contrat écrit est obligatoire, remis au plus tard dans les deux jours ouvrables qui suivent l’embauche. Avant le premier jour, l’employeur doit aussi effectuer la déclaration préalable à l’embauche auprès de l’Urssaf.
L’âge minimum et les limites pour les mineurs
L’âge de principe pour travailler est 16 ans. Une exception existe pour les vacances scolaires : dès 14 ans, un jeune peut être embauché pour des travaux légers, pendant des vacances d’au moins deux semaines.
Deux conditions encadrent ce travail. La période travaillée ne doit pas dépasser la moitié des vacances, et l’employeur doit demander l’autorisation de l’inspection du travail avant l’embauche. L’accord écrit des parents est aussi requis.
Les horaires sont plafonnés. Entre 14 et 16 ans, un jeune ne peut pas travailler plus de 7 heures par jour ni plus de 35 heures par semaine. Le travail de nuit est en principe interdit aux mineurs, comme certaines tâches jugées dangereuses.

Le salaire et les indemnités
Le jeune est payé au moins au Smic, avec un abattement possible pour les mineurs : 20 % avant 17 ans, 10 % entre 17 et 18 ans. Cet abattement disparaît dès que le jeune justifie de six mois de pratique professionnelle dans la branche.
La prime de précarité ne s’applique pas. Le Code du travail exclut l’indemnité de fin de contrat pour les CDD conclus avec un jeune pendant ses vacances scolaires ou universitaires. Mais l’indemnité compensatrice de congés payés, égale à 10 % de la rémunération brute, reste due.
| Âge | Possibilité de travailler en vacances | Rémunération minimale |
|---|---|---|
| 14 à 16 ans | Travaux légers, moitié des vacances maximum, autorisation de l’inspection du travail | Smic moins 20 % |
| 16 à 17 ans | Oui, avec accord parental et horaires encadrés | Smic moins 20 % |
| 17 à 18 ans | Oui, avec accord parental et horaires encadrés | Smic moins 10 % |
| 18 ans et plus | Règles de droit commun | Smic |

Salarié en congés payés : peut-on travailler ailleurs ?
Les congés payés ont une fonction précise : permettre au salarié de se reposer. Le Code du travail interdit d’ailleurs à l’employeur de faire travailler un salarié pendant ses congés légaux, même hors de l’entreprise.
Et si c’est vous qui choisissez de travailler pour quelqu’un d’autre ? Un cumul ponctuel n’est pas fautif en soi. Trois limites demeurent malgré tout.
- L’obligation de loyauté : travailler pour un concurrent direct pendant vos congés peut vous être reproché.
- La clause d’exclusivité, si votre contrat en contient une valable.
- Les durées maximales de travail, qui s’apprécient tous emplois confondus.
Ce dernier point est souvent oublié. Les plafonds quotidiens et hebdomadaires s’appliquent à la personne, pas à chaque contrat. Les repères chiffrés sont rappelés dans notre article sur la durée du travail.

Être sollicité par son employeur pendant ses vacances
Votre employeur fixe l’ordre des départs. Mais une fois les dates arrêtées, il ne peut les modifier moins d’un mois avant le départ qu’en cas de circonstances exceptionnelles.
Le rappel d’un salarié déjà en vacances n’est pas prévu par le Code du travail. En pratique, il suppose votre accord. Les frais engagés (billet de retour, réservation perdue) doivent alors être pris en charge par l’entreprise, et les jours de congé non pris restent dus.
Quant aux mails et appels « juste pour une question », le droit à la déconnexion existe bel et bien. Les entreprises d’au moins 50 salariés doivent en négocier les modalités, et rien ne vous oblige à répondre pendant votre repos. Pour une vue d’ensemble de vos protections, consultez notre page sur les droits du salarié.

Et si vous voulez vraiment couper plus longtemps ?
Certains salariés envisagent l’inverse : prendre plusieurs mois pour voyager, se former ou tester un projet. Les congés payés ne suffisent alors plus.
D’autres dispositifs existent, soumis à des conditions d’ancienneté. Le plus connu est le congé sabbatique, qui suspend le contrat de travail pendant six à onze mois.
Nos conseils pratiques
Pour un premier job d’été, gardez une copie du contrat et de chaque bulletin de paie. Ces documents serviront plus tard pour vos droits à la retraite ou au chômage.
Mon conseil aux salariés tentés par un extra : relisez votre contrat de travail avant d’accepter. Une clause d’exclusivité ou de non-concurrence mal comprise peut coûter bien plus cher que la mission ne rapporte.
Et si un litige surgit sur des heures non payées ou un rappel abusif, l’inspection du travail et le conseil de prud’hommes restent vos interlocuteurs.

Questions fréquentes sur le travail pendant les vacances
À partir de quel âge peut-on faire un job d’été ?
Dès 14 ans, pendant les vacances scolaires d’au moins deux semaines, pour des travaux légers et adaptés à l’âge. La durée de travail ne peut pas dépasser la moitié des vacances et l’employeur doit obtenir l’autorisation de l’inspection du travail avant l’embauche.
Un job d’été donne-t-il droit à la prime de précarité ?
Non, en principe. L’indemnité de fin de contrat n’est pas due pour un CDD conclu avec un jeune pendant ses vacances scolaires ou universitaires. L’indemnité de congés payés reste due si les congés n’ont pas été pris.
Peut-on travailler pour un autre employeur pendant ses congés payés ?
Le Code du travail conçoit les congés comme une période de repos. Un cumul ponctuel n’est pas fautif en soi, mais vous restez tenu par votre obligation de loyauté, une éventuelle clause d’exclusivité et les durées maximales de travail.
Mon employeur peut-il me rappeler pendant mes vacances ?
Pas à sa guise. Une fois les dates fixées, il ne peut les modifier moins d’un mois avant le départ qu’en cas de circonstances exceptionnelles. Un rappel en cours de congé suppose en pratique votre accord et la prise en charge des frais engagés.






