Vous êtes cadre, votre poste vous pèse depuis des mois et vous ne savez pas par où commencer pour en changer. Ou vous sortez d’école avec un master et aucune idée de la façon de trouver un premier emploi à votre niveau.
Dans les deux cas, l’Apec a probablement quelque chose à vous proposer. Gratuitement.
Encore faut-il savoir ce qu’elle fait vraiment, et ce qu’elle ne fait pas.

L’Apec, qu’est-ce que c’est ?
L’Association pour l’emploi des cadres a été créée en 1966. C’est une association paritaire, gérée conjointement par les organisations syndicales de salariés et les organisations patronales. Elle n’est pas un service de l’État.
Son financement repose principalement sur une cotisation prélevée sur la rémunération des cadres du secteur privé. Vous la voyez d’ailleurs sur votre bulletin de paie, sur une ligne dédiée. Une part est payée par l’employeur, l’autre par le salarié.
Ses publics :
- les cadres salariés du privé, en poste ou en recherche d’emploi
- les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur
- les entreprises qui recrutent des cadres
Êtes-vous vraiment cadre ?
La question paraît idiote. Elle ne l’est pas.
Le statut cadre ne dépend pas de l’intitulé inscrit sur votre carte de visite. Il découle de votre classification, fixée par la convention collective applicable à votre entreprise et reprise dans votre contrat. Un « responsable » ou un « manager » peut très bien relever de la catégorie des agents de maîtrise. Votre bulletin de paie tranche souvent la question : la catégorie y figure, tout comme la ligne de cotisation Apec.
Ce que l’Apec propose aux cadres
Des offres d’emploi ciblées
Le site de l’Apec publie des offres de postes cadres, déposées par les entreprises et les cabinets de recrutement. Vous pouvez créer un profil, déposer votre CV et recevoir des alertes. Rien d’original sur le papier, mais le volume d’annonces cadres en fait un passage obligé pour beaucoup de recruteurs.

Le conseil en évolution professionnelle
C’est à mon sens le service le plus utile, et le moins connu. L’Apec est l’opérateur du conseil en évolution professionnelle (CEP) pour les cadres. Ce dispositif, prévu par le Code du travail, permet à tout actif de faire le point sur sa situation avec un conseiller, de façon gratuite et confidentielle.
Concrètement, vous travaillez sur votre projet : changement de métier, mobilité, formation, création d’entreprise. Le conseiller vous aide aussi à mobiliser votre compte personnel de formation. Pour faire reconnaître vos compétences, la question de votre qualification professionnelle revient souvent dans ces échanges.

Mon conseil : préparez votre premier rendez-vous en relisant le compte rendu de votre dernier entretien professionnel. Il contient souvent des pistes que vous aviez oubliées.
Ateliers, coaching et événements
L’Apec organise des ateliers collectifs sur le CV, l’entretien d’embauche, le réseau ou la négociation salariale, en ligne ou dans ses centres. Elle participe aussi à des salons et à des rencontres avec des recruteurs.

Quitter son emploi : le rôle de l’Apec et de France Travail
Une confusion revient souvent. L’Apec ne verse aucune allocation.
Si vous perdez votre emploi, l’inscription et l’indemnisation passent par France Travail, l’ancien Pôle emploi (lui-même issu de la fusion de l’ANPE et des Assedic en 2008). Votre employeur doit vous remettre l’attestation employeur destinée à France Travail pour que vos droits soient calculés.
L’Apec intervient en parallèle, sur l’accompagnement. Beaucoup de cadres combinent les deux : France Travail pour les droits, l’Apec pour le projet.
Et si vous envisagez de partir d’un commun accord avec votre employeur, la rupture conventionnelle ouvre en principe droit à l’assurance chômage. Un échange avec un conseiller avant de signer permet de mesurer ce qui vous attend derrière.
Jeunes diplômés et entreprises
Pour les jeunes diplômés, l’Apec propose des entretiens individuels, des ateliers et l’accès aux offres réservées aux débutants. L’objectif est d’éviter l’enchaînement de stages ou de postes sous-qualifiés après le diplôme.
Le plus utile à ce stade ? Apprendre à traduire un parcours d’études en compétences qu’un recruteur comprend. C’est souvent là que les candidatures des débutants pèchent.
Côté entreprises, l’Apec permet de publier des offres et propose un accompagnement au recrutement de cadres. Une PME qui recrute son premier cadre y trouve des outils pour rédiger l’annonce et sélectionner les candidats.

Les limites à connaître
L’Apec n’est pas un cabinet de reclassement. Elle ne trouve pas un poste à votre place et ne négocie pas avec votre employeur. Elle ne donne pas non plus de conseil juridique sur un litige.
Si votre départ s’accompagne d’un conflit, d’un licenciement contesté ou d’une clause de non-concurrence qui vous bloque, c’est vers un avocat en droit du travail ou un défenseur syndical qu’il faut se tourner. Franchement, mieux vaut le faire avant de signer quoi que ce soit.

Apec, France Travail, cabinet de recrutement : qui fait quoi ?
Les trois se croisent dans la vie d’un cadre qui cherche un poste. Leurs rôles n’ont pourtant rien à voir.
| Apec | France Travail | Cabinet de recrutement | |
|---|---|---|---|
| Pour qui ? | Cadres et jeunes diplômés | Tous les demandeurs d’emploi inscrits | Les entreprises qui le mandatent |
| Allocation chômage | Non | Oui, calcul et versement | Non |
| Travail sur votre projet | Oui, avec le conseil en évolution professionnelle | Oui, dans le cadre de l’accompagnement des inscrits | Non, il cherche un profil pour un poste précis |
| Coût pour vous | Gratuit | Gratuit | Gratuit pour le candidat, payé par l’entreprise |
Un cabinet travaille pour son client, pas pour vous. Rien de choquant là-dedans, mais gardez-le en tête quand un consultant vous pousse vers un poste qui ne vous correspond qu’à moitié.
Un parcours type pour tirer le meilleur de l’Apec
Imaginons Claire, responsable marketing dans une PME depuis huit ans. Elle sent qu’elle tourne en rond, sans savoir si elle veut changer d’entreprise ou de métier. Son employeur n’est au courant de rien.
Elle commence par un rendez-vous de conseil en évolution professionnelle. C’est confidentiel, et rien ne remonte à son entreprise. Le conseiller l’aide à trier ce qui relève de l’envie d’ailleurs et ce qui relève d’un vrai projet.
Deuxième temps, les ateliers. Claire refait son CV avec un regard extérieur et s’entraîne à présenter son parcours en deux minutes. Ça paraît scolaire. Ça change pourtant beaucoup de choses en entretien.
Elle active enfin des alertes sur les offres et répond à quelques annonces ciblées plutôt qu’à cinquante au hasard. Si une formation s’avère nécessaire, elle sait déjà comment mobiliser ses droits.
Le point à retenir ? Les cadres qui tirent le plus de l’Apec arrivent avec une question précise, même floue au départ, et reviennent plusieurs fois. Un seul rendez-vous laissé sans suite donne rarement grand-chose.
Questions fréquentes sur l’Apec
Les services de l’Apec sont-ils payants pour un cadre ?
Non. L’accompagnement proposé aux cadres et aux jeunes diplômés est gratuit pour eux. L’association est financée par une cotisation prélevée sur les salaires des cadres, partagée entre l’employeur et le salarié.
Faut-il être au chômage pour être accompagné par l’Apec ?
Non. Un cadre en poste peut solliciter l’Apec pour réfléchir à une évolution, préparer une mobilité ou un changement de métier. Le conseil en évolution professionnelle est ouvert aux actifs, qu’ils aient un emploi ou non.
L’Apec remplace-t-elle France Travail ?
Non. Un cadre qui perd son emploi s’inscrit auprès de France Travail, qui gère l’indemnisation. L’Apec intervient en complément pour l’accompagnement à la recherche d’emploi et au projet professionnel.
Un jeune diplômé peut-il s’adresser à l’Apec ?
Oui. L’Apec accompagne les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur dans leur premier accès à l’emploi, avec des ateliers, des entretiens individuels et l’accès aux offres publiées sur son site.






