Votre planning tombe, et cette fois le samedi n’est plus libre. Avez-vous le droit de refuser ? Serez-vous mieux payé ? Ces deux questions reviennent sans cesse chez les salariés du commerce, de la santé ou de la restauration.
La réponse surprend souvent. Pour le Code du travail, le samedi est un jour comme les autres.
Vous trouverez ci-dessous les règles qui s’appliquent vraiment, les cas où vous pouvez dire non et les droits que votre convention collective peut ajouter.

Le samedi, un jour ouvrable comme les autres
Le droit du travail distingue deux notions qu’on confond facilement.
| Notion | Définition | Le samedi en fait-il partie ? |
|---|---|---|
| Jours ouvrables | Tous les jours de la semaine, sauf le jour de repos hebdomadaire et les jours fériés chômés | Oui |
| Jours ouvrés | Les jours effectivement travaillés dans l’entreprise | Seulement si l’entreprise travaille le samedi |
Le samedi étant un jour ouvrable, un employeur peut y faire travailler ses salariés sans autorisation particulière. Le régime d’exception concerne le dimanche, pas le samedi.
La loi pose tout de même des limites. Un salarié ne peut pas travailler plus de six jours par semaine. Il doit bénéficier d’un repos hebdomadaire d’au moins 24 heures consécutives, auxquelles s’ajoutent les 11 heures de repos quotidien, soit 35 heures d’affilée au minimum.
Pour l’ensemble des plafonds horaires, reportez-vous à notre page sur la durée du travail et ses limites légales.

Une majoration de salaire ? Pas automatiquement
C’est la grande déception. Aucune règle légale n’impose de majorer les heures travaillées le samedi.
Ces heures deviennent majorées dans deux cas seulement :
- elles constituent des heures supplémentaires, au-delà de 35 heures par semaine : majoration de 25 % pour les huit premières, puis de 50 %, sauf accord fixant un autre taux qui ne peut descendre sous 10 %
- votre convention collective ou un accord d’entreprise prévoit une prime ou une majoration pour le samedi
Certains accords remplacent le paiement de ces majorations par du temps de repos. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur le repos compensateur de remplacement.
Mon conseil : relisez votre convention collective de branche avant de discuter avec votre employeur. Plusieurs branches prévoient des contreparties pour le samedi, et beaucoup de salariés l’ignorent.

Peut-on refuser de travailler le samedi ?
Tout dépend de votre contrat de travail.
S’il précise noir sur blanc que vous travaillez du lundi au vendredi, ce point devient un élément du contrat. L’employeur ne peut pas le changer sans votre accord écrit.
S’il reste muet, la répartition des horaires relève en principe du pouvoir de direction de l’employeur. Un passage au samedi constitue alors un simple changement des conditions de travail, que vous ne pouvez pas refuser sans risque. Un refus injustifié peut même être traité comme une absence injustifiée, avec sanction disciplinaire à la clé.
Mais il existe des garde-fous. Les juges sanctionnent les changements d’horaires qui portent une atteinte excessive au droit à une vie personnelle et familiale, par exemple pour un parent seul sans solution de garde le samedi. L’employeur doit aussi respecter un délai raisonnable pour prévenir le salarié.
Salariés à temps partiel : des protections renforcées
Le temps partiel obéit à des règles plus strictes. Toute modification de la répartition de vos heures entre les jours de la semaine doit vous être notifiée avec un délai de prévenance, en principe de sept jours ouvrés au moins (un accord collectif peut le réduire).
Et vous pouvez refuser sans faute dans plusieurs situations prévues par la loi : obligations familiales impérieuses, suivi d’un enseignement, période d’activité chez un autre employeur ou activité non salariée.
Pour le reste de vos droits, consultez notre dossier sur le temps partiel et ses règles.

Samedi, congés payés et jours fériés
Le samedi joue aussi un rôle dans le décompte des congés. Si votre entreprise compte les congés en jours ouvrables, une semaine d’absence du lundi au vendredi vous coûte six jours, samedi inclus. Même si vous ne travaillez jamais ce jour-là.
Autre cas fréquent : un jour férié qui tombe un samedi. Si vous ne travaillez pas le samedi, la loi ne prévoit ni jour de récupération ni indemnité. Seule votre convention collective peut vous accorder une compensation.
Franchement, ce sont des détails qui comptent quand on pose ses vacances. Un coup d’œil à votre bulletin de paie suffit pour savoir quel système s’applique chez vous.

Comment vérifier que vos samedis sont bien payés
Prenons l’exemple de Karim, vendeur à temps plein dans une enseigne de bricolage. Il travaille un samedi sur deux et se demande si ses fiches de paie sont justes. La démarche tient en quatre étapes.
- Comptez vos heures réelles, semaine par semaine. Le décompte des heures supplémentaires se fait sur la semaine civile, pas sur le mois.
- Comparez avec le bulletin de paie. Les heures au-delà de 35 heures doivent apparaître sur une ligne distincte, avec leur taux de majoration.
- Ouvrez votre convention collective et cherchez les mots « samedi », « dimanche » ou « travail exceptionnel ». Une prime de branche peut s’appliquer à votre poste.
- Gardez une trace de vos plannings (photos, mails, captures de l’outil de pointage).
Si un écart apparaît, commencez par une demande écrite et polie au service paie. Beaucoup d’erreurs se règlent à ce stade.
Et si rien ne bouge ? Vous pouvez saisir le conseil de prud’hommes pour obtenir un rappel de salaire. L’action se prescrit par trois ans, ce qui laisse le temps de réunir vos preuves sans pour autant traîner.
Les erreurs fréquentes sur le travail le samedi
Certaines idées reçues coûtent cher, d’un côté comme de l’autre.
- Croire qu’une heure du samedi vaut forcément plus qu’une heure du mardi. Sans heure supplémentaire ni accord collectif, le taux reste le même.
- Refuser oralement un nouveau planning, sous le coup de l’agacement, sans avoir relu son contrat. Un refus mal fondé peut vous valoir une sanction.
- Oublier que le temps partiel ouvre des droits spécifiques, comme le délai de prévenance et les motifs de refus légitimes.
- Pour l’employeur, imposer des samedis du jour au lendemain. Même quand le changement relève de son pouvoir de direction, la précipitation fragilise sa position devant un juge.
À mon sens, le meilleur réflexe reste l’écrit. Un planning envoyé par mail, une réponse argumentée, une demande de précision : ces traces évitent la plupart des litiges sur le samedi.
Questions fréquentes sur le travail le samedi
Le travail le samedi est-il majoré ?
Pas en vertu de la loi. Les heures du samedi sont payées au taux normal, sauf si ce sont des heures supplémentaires ou si votre convention collective ou un accord d’entreprise prévoit une majoration spécifique.
Mon employeur peut-il m’imposer de travailler le samedi ?
Souvent oui, car le samedi est un jour ouvrable et la répartition des horaires relève en principe du pouvoir de direction. Ce n’est plus le cas si votre contrat fixe expressément vos jours de travail, ou si le changement porte une atteinte excessive à votre vie personnelle et familiale.
Le samedi compte-t-il dans les congés payés ?
Oui, si votre entreprise décompte les congés en jours ouvrables. Une semaine d’absence du lundi au vendredi est alors décomptée pour six jours, samedi compris, même si vous ne travaillez jamais ce jour-là.
Combien de jours puis-je travailler par semaine ?
Six jours au maximum. Vous avez droit à un repos hebdomadaire d’au moins 24 heures consécutives, qui s’ajoutent aux 11 heures de repos quotidien, et ce repos est donné en principe le dimanche.






