Un matin, en vous penchant pour lacer vos chaussures, la douleur vous cloue sur place. Elle descend dans la fesse, parfois jusqu’au pied. L’IRM parle de discopathie L4-L5, et votre médecin vous arrête.
Combien de temps ? Avec quel revenu ? Et comment reprendre sans repartir pour un tour ? Ce sont les vraies questions, et elles relèvent autant du droit du travail que de la médecine.
La discopathie L4-L5 en quelques mots
Le disque L4-L5 se trouve entre la quatrième et la cinquième vertèbre lombaire. C’est l’un des deux étages qui travaillent le plus, avec L5-S1 juste en dessous.
Quand il s’abîme, il peut provoquer une lombalgie chronique, ou comprimer une racine nerveuse et donner une sciatique (parfois une cruralgie à l’avant de la cuisse). La gravité varie énormément d’une personne à l’autre, à image égale.
Le diagnostic et le traitement relèvent de votre médecin et des spécialistes. Ici, on parle de vos droits pendant et après l’arrêt.

Les facteurs de risque, et pourquoi ils comptent juridiquement
L’âge joue, comme le surpoids, le tabac ou la sédentarité. Mais certains facteurs viennent directement du travail : port de charges lourdes, gestes répétés en flexion, conduite d’engins ou de poids lourds exposant aux vibrations.
Ce point a des conséquences. Si votre métier vous expose, une reconnaissance en maladie professionnelle peut être envisagée, avec une indemnisation plus favorable. Les conditions, et le cas des atteintes plus basses, sont détaillés dans notre article sur la discopathie L5-S1 et l’invalidité.
L’arrêt de travail : durée et obligations
Il n’existe pas de durée type. Une poussée de lombalgie peut justifier quelques jours. Une sciatique rebelle ou une opération du rachis (arthrodèse, prothèse discale) peut mener à plusieurs mois.
Vos obligations, elles, ne changent pas :
- transmettre l’avis d’arrêt à votre caisse et à votre employeur sous 48 heures (la plupart des médecins le télétransmettent directement à la CPAM)
- respecter les heures de sortie autorisées par le médecin
- ne pas exercer d’activité non autorisée pendant l’arrêt
- vous rendre aux convocations du service médical
Ce dernier point mérite de l’attention. Sur un arrêt long pour le dos, la convocation par le médecin conseil arrive presque toujours. Préparez-la avec vos comptes rendus, et lisez notre article sur les pièges à éviter face au médecin conseil.
Indemnités journalières et maintien de salaire
En maladie ordinaire, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières après un délai de carence de trois jours. Elles représentent une fraction de votre salaire, dans la limite d’un plafond fixé par la réglementation.
Votre employeur complète souvent ce montant. Le Code du travail prévoit un maintien de salaire pour les salariés qui ont au moins un an d’ancienneté, après un délai de carence de sept jours, et beaucoup de conventions collectives font mieux. Les détails figurent dans notre guide de l’arrêt maladie.
| Situation | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Maladie ordinaire | 3 jours de carence, puis indemnités journalières |
| Maladie professionnelle reconnue | Pas de carence, indemnités plus élevées |
| Arrêts sur plusieurs années (hors ALD) | 360 indemnités journalières au maximum sur trois ans |
| Affection de longue durée | Indemnisation possible jusqu’à trois ans par arrêt |
En CDD, les règles d’indemnisation sont proches, mais le contrat s’arrête à son terme même pendant l’arrêt. Notre article sur l’arrêt maladie en CDD fait le point sur ce cas.
Pendant l’arrêt : ce que l’employeur peut faire, et ce qu’il ne peut pas faire
Votre contrat est suspendu, pas rompu. L’employeur ne peut pas vous demander de travailler, même « juste quelques mails depuis chez vous ». Il ne peut pas non plus vous licencier en raison de votre état de santé, ce serait discriminatoire.
Il garde en revanche quelques droits. S’il verse un complément de salaire, il peut mandater un médecin pour une contre-visite à votre domicile pendant les heures de présence obligatoire. Si ce médecin estime l’arrêt injustifié, le complément peut être suspendu et le service médical de la caisse en est informé.
Et si l’arrêt s’éternise ? Après de longs mois, la caisse peut envisager une mise en invalidité. Ce n’est pas une sanction, c’est un changement de prestation, avec ses propres règles.

Préparer la reprise sans rechuter
C’est souvent là que tout se joue. Reprendre trop vite un poste physique, c’est s’exposer à une nouvelle crise. Et le droit offre plusieurs outils pour l’éviter.
Pendant un arrêt de plus de 30 jours, vous pouvez demander une visite de pré-reprise avec le médecin du travail. Il peut recommander des aménagements de poste ou une formation avant votre retour. Un rendez-vous de liaison avec l’employeur est aussi possible, à votre initiative ou à la sienne, et vous restez libre de le refuser.
Après un arrêt maladie d’au moins 60 jours, la visite de reprise devient obligatoire. C’est à l’employeur de l’organiser.
Autre piste : la reprise en temps partiel thérapeutique. Elle est prescrite par votre médecin, acceptée par la caisse et l’employeur, et vous permet de retrouver progressivement le rythme en gardant une partie de vos indemnités.
Franchement, c’est souvent la meilleure option pour un dos fragile. Et si le médecin du travail estime que vous ne pouvez plus occuper votre poste, même aménagé, la procédure d’inaptitude prend le relais, avec une obligation de reclassement pour l’employeur.
Questions fréquentes sur la discopathie L4-L5 et l’arrêt de travail
Combien de temps dure un arrêt de travail pour discopathie L4-L5 ?
Il n’existe pas de durée fixe. Tout dépend de l’intensité des symptômes, du traitement et du poste occupé. L’arrêt peut aller de quelques jours à plusieurs mois en cas d’opération.
Peut-on être licencié pendant un arrêt pour discopathie ?
L’arrêt maladie ne peut pas être en soi le motif du licenciement. L’employeur peut en revanche rompre le contrat pour un motif sans lien avec l’état de santé, ou après une inaptitude constatée par le médecin du travail.
La visite de reprise est-elle obligatoire ?
Oui, après un arrêt pour maladie non professionnelle d’au moins 60 jours. L’employeur doit l’organiser. Pour un arrêt plus court, vous pouvez demander à rencontrer le médecin du travail.
Le mi-temps thérapeutique est-il possible pour une discopathie ?
Oui, si votre médecin le prescrit et que la caisse donne son accord. L’employeur doit aussi l’accepter. Vous percevez alors votre salaire partiel et une partie des indemnités journalières.







