Un samedi soir, vous repassez devant le casino alors que vous vous étiez promis d’arrêter. Ou vous rouvrez l’application de paris sportifs à deux heures du matin. Si ces scènes vous parlent, sachez qu’il existe un outil légal pour vous fermer la porte vous-même : l’interdiction volontaire de jeux.
La démarche est gratuite, confidentielle et gérée par l’Autorité nationale des jeux (ANJ). Elle produit des effets concrets dans les casinos, les clubs de jeux et sur les sites agréés.
Ce guide vous explique qui peut la demander, ce qu’elle bloque vraiment, combien de temps elle dure et ce qu’elle ne couvre pas.

À quoi sert l’interdiction volontaire de jeux ?
Le principe est simple. Vous demandez à être inscrit sur le fichier national des personnes interdites de jeux, tenu par l’ANJ. Les établissements et les opérateurs ont l’obligation de consulter ce fichier et de refuser l’accès aux personnes inscrites.
Ce n’est pas une sanction. C’est une mesure de protection que vous activez pour vous-même, souvent au moment où le jeu commence à peser sur le budget, le couple ou le sommeil.
Et le fichier est confidentiel. Il ne sert qu’au contrôle de l’accès aux jeux et ne figure pas dans un casier ou un dossier bancaire. Les données qu’il contient restent des données à caractère personnel, avec les droits d’accès et de rectification qui vont avec.
Ce que l’inscription vous interdit concrètement
D’après l’ANJ, l’interdiction vous empêche de :
- entrer dans un casino ou un club de jeux en France
- jouer sur les sites de jeux en ligne agréés par l’ANJ (paris sportifs, paris hippiques, poker)
- jouer aux jeux de la FDJ et du PMU réalisés avec un compte joueur
Le contrôle se fait à l’entrée des casinos, sur présentation d’une pièce d’identité. En ligne, l’opérateur vérifie le fichier au moment de l’ouverture du compte et ferme les comptes existants des personnes inscrites.
Mais attention à une limite que beaucoup découvrent trop tard. Les sites illégaux, non agréés en France, ne consultent pas ce fichier. L’ANJ publie d’ailleurs une liste noire de ces sites. Jouer dessus vous expose à perdre vos mises sans aucun recours.
Durée : trois ans minimum, puis levée sur demande
L’inscription vaut pour une durée de trois ans minimum. Pendant cette période, impossible de revenir en arrière.
Au bout de trois ans, rien ne se lève tout seul. C’est à vous de demander la levée si vous estimez ne plus avoir besoin de la mesure. Tant que vous ne faites rien, l’interdiction continue de produire ses effets.
À mon sens, cette règle est une vraie force du dispositif. Le moment de faiblesse, celui où l’on voudrait annuler, ne suffit pas à tout défaire.
| Étape | Ce qui se passe |
|---|---|
| Demande | En ligne sur le service de l’ANJ, avec une pièce d’identité |
| Inscription | Accès refusé dans les casinos, clubs et sur les sites agréés |
| Trois premières années | Aucune levée possible |
| Après trois ans | Maintien, sauf demande de levée de votre part |
Comment faire la demande
La demande se fait sur le service en ligne de l’ANJ (interdictiondejeux.anj.fr). Préparez une pièce d’identité en cours de validité. Le parcours prévoit une vérification d’identité par selfie vidéo, pour contrôler que c’est bien vous qui faites la démarche.
Point souvent mal compris : la démarche est strictement personnelle. Un conjoint, un parent ou un ami ne peut pas vous inscrire à votre place, même avec les meilleures intentions.
Si un proche joue de façon inquiétante et n’est plus en état de gérer ses affaires, la réponse passe plutôt par une mesure de protection juridique. Le fonctionnement d’une mise sous tutelle d’un parent est expliqué dans un guide dédié, avec ses conditions et ses limites.

Les autres outils pour reprendre la main
L’interdiction est radicale. Vous pouvez préférer une étape intermédiaire, au moins au début.
Les sites agréés proposent des modérateurs : plafonds de dépôt, limites de mise, auto-exclusion temporaire auprès d’un seul opérateur. C’est moins large que le fichier national, mais plus souple.
Côté accompagnement, Joueurs Info Service propose une écoute gratuite et anonyme. Les CSAPA (centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) proposent un suivi par des professionnels, sans frais.
Franchement, combiner l’interdiction et un suivi donne de meilleurs résultats que l’une ou l’autre seule. Le fichier bloque l’accès. Il ne règle pas l’envie.
Dettes de jeu : que faire en parallèle ?
Le jeu laisse souvent des traces financières : découverts, crédits renouvelables, prêts entre proches. Si vous n’arrivez plus à faire face, un dossier auprès de la commission de surendettement de la Banque de France peut être déposé.
Avant de signer un nouveau crédit à la consommation pour boucher un trou, prenez le temps de lire vos droits. Le délai de rétractation existe pour ce genre de décision prise sous pression.
Et si un litige naît avec un opérateur ou une banque, des permanences gratuites existent. Le guide sur les conseils juridiques gratuits vous indique où les trouver.
Votre entourage n’a pas à connaître la démarche. Rien ne l’informe de votre inscription, et la protection de la vie privée s’applique pleinement à cette information.
Questions fréquentes sur l’interdiction de jeux
Combien de temps dure une interdiction volontaire de jeux ?
L’inscription vaut pour trois ans minimum. Pendant cette période, elle ne peut pas être levée. Ensuite, elle reste active tant que vous ne demandez pas sa levée à l’ANJ.
Un proche peut-il demander mon interdiction de jeux ?
Non. L’ANJ précise que la démarche est strictement personnelle. Pour une personne qui ne peut plus gérer ses affaires, il faut regarder du côté des mesures de protection juridique, prononcées par un juge.
L’interdiction bloque-t-elle tous les jeux d’argent ?
Elle couvre les casinos, les clubs de jeux, les sites agréés par l’ANJ et les jeux FDJ et PMU joués avec un compte joueur. Elle ne touche pas les sites illégaux, qui ne consultent pas le fichier.
Mon inscription est-elle visible par ma banque ou mon employeur ?
Non. Le fichier sert uniquement au contrôle de l’accès aux jeux. Il est confidentiel et n’est pas transmis à votre banque ni à votre employeur.



