Vous devez écrire au notaire qui règle la succession de votre mère, et vous restez bloqué sur la première ligne. « Maître » ? « Cher Maître » ? « Madame la notaire » ? La question paraît mineure.
Elle ne l’est pas tout à fait. Un courrier clair et correctement tourné est traité plus vite, et il pose d’emblée le ton d’une relation qui peut durer des mois (une succession ou une vente immobilière, cela ne se boucle pas en une semaine).
Bonne nouvelle : les règles tiennent en quelques lignes. Vous trouverez plus bas des modèles prêts à l’emploi pour le courrier, l’e-mail et le rendez-vous, ainsi que les erreurs qui reviennent le plus souvent.

Pourquoi appelle-t-on un notaire « Maître » ?
Le notaire est un officier public. Il est nommé par arrêté du garde des Sceaux et il a le pouvoir de donner date certaine et force probante aux actes qu’il signe. C’est ce qu’on appelle l’acte authentique.
Le titre de « Maître » ne figure dans aucun texte qui vous obligerait à l’employer. C’est un usage de courtoisie, partagé avec les avocats et les commissaires de justice. Pour mieux cerner ce que fait réellement cet officier public dans une famille, lisez notre article sur le rôle du notaire dans les actes juridiques familiaux.
Le titre est invariable. Une femme notaire est « Maître » au même titre que son confrère.
Les formules d’appel et de fin selon votre situation
Tout dépend du degré de familiarité et du support. Le tableau ci-dessous couvre les cas les plus courants.
| Situation | Formule d’appel | Formule finale |
|---|---|---|
| Premier courrier ou premier e-mail | Maître, | Je vous prie d’agréer, Maître, l’expression de mes salutations distinguées. |
| Relation suivie, plusieurs rendez-vous | Cher Maître, | Veuillez agréer, Cher Maître, mes salutations distinguées. |
| E-mail court en cours de dossier | Bonjour Maître, | Bien cordialement, |
| Échange avec un clerc ou un assistant | Madame, / Monsieur, | Cordialement, |
| Courrier de réclamation | Maître, | Je vous prie d’agréer, Maître, mes salutations. |
Remarquez la reprise de l’appel dans la formule finale, entre deux virgules. C’est la règle classique de la correspondance française, et elle vaut pour tous les titres.
Mon conseil : réservez « Cher Maître » au moment où le notaire lui-même vous écrit sur un ton plus chaleureux. Les codes sont d’ailleurs très proches de ceux qu’on applique aux avocats, détaillés dans notre guide sur la formule de politesse pour un avocat.
Structurer un courrier ou un e-mail au notaire
Un office notarial gère des centaines de dossiers. Votre message doit pouvoir être rattaché au bon en dix secondes.
- Indiquez en objet la référence du dossier, ou à défaut le nom du défunt, l’adresse du bien ou le nom des parties.
- Présentez-vous en une phrase : héritier, acquéreur, vendeur, donataire.
- Posez une demande par paragraphe, formulée comme une question précise.
- Listez les pièces jointes en fin de message.
- Terminez par vos coordonnées complètes, téléphone compris.
Prenons un exemple fictif. « Objet : succession de M. Jean Martin, dossier n° 2025/148. Maître, je suis l’un des trois enfants du défunt. Pourriez-vous m’indiquer la date prévue pour la signature de l’acte de notoriété ? Je joins la copie de mon livret de famille. Je vous prie d’agréer, Maître, l’expression de mes salutations distinguées. »
Cinq lignes. Le notaire sait qui vous êtes, ce que vous voulez et ce que vous envoyez.
Quand vous transmettez un document qui fait courir un délai (une renonciation, une contestation, une offre), l’e-mail ne suffit pas toujours. Passez alors par la lettre recommandée avec accusé de réception, qui vous donne une preuve de la date d’envoi et de réception.
Au téléphone et lors du rendez-vous
À l’oral, c’est plus simple. « Bonjour Maître » suffit à l’accueil. Si vous voulez interpeller le notaire au milieu d’une réunion de famille un peu animée, « Maître Durand » fonctionne très bien.

Le vouvoiement va de soi, même si le notaire est un ami d’enfance de vos parents. Et arrivez avec vos questions écrites : un rendez-vous de signature dure rarement longtemps, et on oublie facilement ce qu’on voulait demander.
Dans une succession, vous verrez souvent le notaire à plusieurs étapes. Notre article sur le règlement d’une succession avec un notaire détaille ces rendez-vous et les documents à prévoir.
Les maladresses qui passent mal
Rien de dramatique ici, mais certaines tournures font tiquer à l’office.
- « Monsieur le Notaire Maître Dupont » : on choisit un titre, pas trois.
- « Cher Monsieur » à la place de « Maître » : correct dans l’absolu, maladroit avec un officier public.
- « Salut » ou « Hello » dans un e-mail, même après dix échanges.
- Un message qui mélange deux dossiers différents.
- Une relance par jour quand la réponse tarde. Une relance par semaine, polie, est plus efficace.
Et si vous écrivez à un magistrat dans la même affaire, les règles changent encore. Elles sont présentées dans notre guide sur la formule de politesse adaptée à un juge.
Quand la relation se tend : rester courtois et ferme
Un dossier qui traîne, une facture qui surprend. Ça arrive.
Sur les frais, sachez qu’une partie de la rémunération du notaire (les émoluments) suit un tarif réglementé, alors que certaines prestations hors tarif donnent lieu à des honoraires libres, convenus avec vous par écrit. Demander le détail d’un décompte n’a rien d’impoli.
Si le blocage persiste, écrivez d’abord au notaire en restant factuel. Sans réponse satisfaisante, vous pouvez saisir la chambre départementale des notaires, puis le médiateur du notariat. La politesse ne vous empêche pas d’être ferme, bien au contraire : un courrier calme et précis pèse plus lourd devant ces instances qu’un message énervé.
Questions fréquentes sur la politesse envers un notaire
Faut-il écrire « Maître » ou « Madame » à une femme notaire ?
« Maître » reste la formule d’usage, que le notaire soit un homme ou une femme. Le titre ne s’accorde pas. « Madame la notaire » n’est pas une faute, mais il sonne inhabituel dans un courrier et vous n’y gagnez rien.
Peut-on écrire « Cher Maître » dès le premier courrier ?
Mieux vaut l’éviter. « Cher Maître » suppose une relation déjà installée, après plusieurs échanges ou rendez-vous. Pour une première prise de contact, « Maître, » suffit et ne vous expose à aucune maladresse.
Quelle formule de fin utiliser dans un e-mail à un notaire ?
Pour un premier e-mail, gardez une formule complète du type « Je vous prie d’agréer, Maître, l’expression de mes salutations distinguées ». Une fois le dossier lancé et les échanges réguliers, « Bien cordialement » est tout à fait accepté.
Doit-on dire « Maître » au clerc de notaire ?
Non. Le titre est réservé au notaire lui-même. Pour un clerc, un assistant ou un collaborateur de l’office, écrivez simplement « Madame » ou « Monsieur ».







