Votre fils de 24 ans vit chez vous et sa banque refuse d’ouvrir son compte sans justificatif de domicile. La solution tient en une page : une lettre d’hébergement signée de votre main.
Rien de compliqué. Mais une lettre mal faite, c’est un dossier qui revient, une semaine perdue, parfois une aide suspendue.
Ce guide se concentre sur la rédaction elle-même, ligne par ligne, avec un modèle à adapter.

À quoi sert une lettre d’hébergement ?
Elle permet à une personne qui vit chez vous de prouver son adresse alors qu’aucune facture ni aucun bail n’est à son nom. Vous, l’hébergeant, certifiez sur l’honneur qu’elle réside dans votre logement.
On vous la demandera pour une ouverture de compte, une inscription à France Travail, une demande à la CAF, un dossier de carte d’identité ou de passeport, une inscription scolaire.
Attention à ne pas la confondre avec l’attestation d’accueil exigée pour un visiteur étranger, qui passe obligatoirement par la mairie. Nous détaillons cette différence dans notre article sur le certificat d’hébergement et l’attestation d’accueil.
Les mentions à faire figurer
Aucun texte n’impose de modèle unique. Les organismes attendent pourtant toujours les mêmes informations :
- votre identité complète : nom, prénom, date et lieu de naissance
- l’identité de la personne hébergée, avec les mêmes éléments
- l’adresse précise du logement, étage et numéro d’appartement compris
- la date de début de l’hébergement
- la précision « à titre gratuit » si c’est le cas
- la date et le lieu de rédaction, puis votre signature manuscrite
Le « à titre gratuit » a son importance. Si l’hébergé vous verse un loyer, ce n’est plus un hébergement mais une location ou une sous-location, avec d’autres règles. Les locataires qui hébergent un proche ont intérêt à relire leurs droits et obligations de locataire.
Modèle de lettre d’hébergement
Recopiez et adaptez les éléments entre crochets.
Je soussigné(e) [prénom nom], né(e) le [date] à [lieu], demeurant [adresse complète], certifie sur l’honneur héberger à mon domicile, à titre gratuit, [prénom nom], né(e) le [date] à [lieu], depuis le [date].
Je joins à la présente attestation une copie de ma pièce d’identité et un justificatif de domicile à mon nom.
Fait à [ville], le [date], pour servir et valoir ce que de droit.
[Signature]
Pas besoin de papier à en-tête ni de tampon. Une lettre manuscrite ou tapée à l’ordinateur a la même valeur, du moment qu’elle est signée.

Les pièces à joindre
La lettre seule ne suffit presque jamais. Ajoutez :
- une copie recto verso de votre carte d’identité ou de votre passeport
- un justificatif de domicile récent à votre nom (facture d’électricité, de gaz, d’eau, d’internet, quittance de loyer, avis de taxe foncière)
- parfois, la pièce d’identité de la personne hébergée
Pour le justificatif, la plupart des organismes exigent un document de moins de trois mois. Vérifiez la règle sur le site de l’organisme concerné avant d’envoyer.
Ces copies contiennent des informations personnelles. Barrer les mentions inutiles ou ajouter un filigrane du type « copie pour la banque X » limite les réutilisations abusives (les règles sur les données à caractère personnel s’appliquent aussi à ces documents).
Peut-on l’envoyer par mail ou la signer en ligne ?
Oui, dans la plupart des cas. Beaucoup d’organismes acceptent un scan ou une photo lisible de la lettre signée, déposé sur leur espace en ligne.
Une signature électronique a en principe la même valeur qu’une signature manuscrite si elle permet d’identifier le signataire. Notre fiche sur la signature électronique explique les conditions. Mais franchement, pour un document d’une page, une signature à la main puis un scan restent la solution la plus simple.
Ce que vous engagez en signant
Votre signature n’est pas une formalité. Vous certifiez des faits et vous en répondez.
L’article 441-7 du Code pénal punit d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende celui qui établit une attestation faisant état de faits matériellement inexacts. La personne qui l’utilise encourt les mêmes peines. Si des prestations sociales ont été versées sur cette base, l’organisme peut en plus en réclamer le remboursement.
Et l’inverse existe aussi : une fois la personne partie, votre ancienne attestation ne vaut plus. Prévenez-la qu’elle doit mettre son adresse à jour.

Vous hébergez quelqu’un qui n’est pas de votre famille ? Les mêmes règles s’appliquent, avec quelques précautions supplémentaires détaillées dans notre guide sur l’attestation d’hébergement pour un tiers.
Les erreurs qui font revenir le dossier
Les refus tiennent rarement au fond. Ils viennent presque toujours d’un détail que l’on aurait pu voir avant l’envoi.
- Un signataire qui n’est pas celui du justificatif. Si la facture d’électricité est au nom de votre conjoint, c’est à lui de signer la lettre. Ou alors joignez un justificatif à votre propre nom.
- Une adresse qui ne correspond pas. L’adresse de la lettre doit être la même que celle du justificatif, au numéro d’appartement près. Un bâtiment oublié suffit parfois à bloquer un dossier.
- Une lettre recyclée. Une attestation rédigée il y a deux ans pour un autre dossier ne fait pas illusion. Datez-la du jour de l’envoi.
- Une pièce d’identité périmée. Beaucoup d’organismes refusent une copie dont la date de validité est dépassée. Vérifiez-la avant de scanner.
- Un scan illisible. Signature coupée, photo floue, verso oublié : refaites-le plutôt que de risquer un aller-retour de plusieurs jours.
Cas pratique : héberger un ami qui cherche un emploi
Prenons l’exemple de Karim. Après une séparation, il s’installe quelques mois chez son ami Thomas, locataire d’un deux-pièces. Il doit s’inscrire à France Travail et mettre à jour son adresse auprès de sa banque.
Thomas rédige la lettre en indiquant la date d’arrivée de Karim et la mention « à titre gratuit ». Il joint sa pièce d’identité et sa dernière quittance de loyer. Karim dépose le tout en ligne, et le dossier passe du premier coup.
Deux points méritent pourtant l’attention de Thomas. Si Karim participe aux courses ou aux factures, mieux vaut en parler clairement entre eux, car une contribution régulière qui ressemble à un loyer peut changer la nature de l’hébergement. Et Thomas peut aussi prévenir son assureur habitation qu’une autre personne vit chez lui, pour savoir si elle est couverte par son contrat.
Le jour où Karim trouve un appartement, il met son adresse à jour partout. Thomas, lui, garde une copie de la lettre et note la date de départ. Si une administration pose la question plus tard, il pourra répondre sans hésiter.
Mon conseil : rédigez une lettre par organisme, avec la même date et les mêmes informations. C’est un peu plus long, mais chacun reçoit un original et vous savez exactement qui détient quoi.
Questions fréquentes sur la lettre d’hébergement
La lettre d’hébergement doit-elle être manuscrite ?
Non. Elle peut être tapée à l’ordinateur, il suffit qu’elle soit datée et signée par l’hébergeant. Certains organismes acceptent aussi une signature électronique.
Faut-il faire certifier la signature en mairie ?
Non, la légalisation de signature n’est pas demandée pour une attestation d’hébergement ordinaire. Seul un organisme qui l’exige expressément peut vous la réclamer.
Combien de temps la lettre reste-t-elle valable ?
Aucune durée légale n’est prévue. Les organismes demandent souvent un document récent, et la lettre cesse de refléter la réalité dès que la personne quitte le logement.
Peut-on héberger quelqu’un si l’on est soi-même locataire ?
Oui, un locataire peut accueillir un proche à titre gratuit. Faire payer un loyer à la personne hébergée devient en revanche une sous-location, qui demande l’accord écrit du propriétaire.







