Vous avez rédigé votre message, tout est clair, et vous butez sur la première ligne. « Bonjour Monsieur » ? « Cher Maître » ? « Madame l’avocate » ? Pas de panique, la règle tient en peu de mots.
Un avocat s’appelle « Maître », que ce soit un homme ou une femme. Le reste dépend du canal (courrier, e-mail, téléphone) et de votre lien avec lui.
Cet article se concentre sur les formules concrètes, canal par canal, avec des exemples que vous pouvez reprendre tels quels.
La règle de base : « Maître », pour tout le monde
Le titre de « Maître » est un usage, pas une obligation légale. Mais il est tellement ancré que s’en passer surprend, surtout dans un premier échange.
- Pour un homme comme pour une femme : « Maître ». La forme « Maîtresse » ne s’emploie pas.
- Avec le nom : « Maître Durand », sans prénom à l’oral.
- Abréviation écrite : « Me Durand », jamais en début de lettre.
Les avocats entre eux s’appellent « Cher Confrère » ou « Chère Consœur ». Vous n’avez pas à reprendre ces formules, elles sont réservées à la profession. L’origine de ce titre est racontée dans notre page sur le titre de maître avocat.
Dans une lettre : formules d’appel et de fin
Le courrier reste le support le plus formel, en particulier lorsque vous écrivez à l’avocat de la partie adverse.
| Situation | Formule d’appel | Formule de fin |
|---|---|---|
| Premier contact | « Maître, » | « Je vous prie d’agréer, Maître, l’expression de mes salutations distinguées. » |
| Votre propre avocat, relation suivie | « Cher Maître, » | « Je vous prie de croire, Cher Maître, à l’expression de mes sentiments les meilleurs. » |
| Avocat de la partie adverse | « Maître, » | « Veuillez agréer, Maître, mes salutations distinguées. » |
Petite règle de cohérence : la formule de fin reprend le titre utilisé en appel. Si vous ouvrez par « Cher Maître », vous fermez par « Cher Maître ».
Sur l’enveloppe, indiquez « Maître Prénom Nom, Avocat au barreau de… » puis l’adresse du cabinet. Pour la structure complète d’un courrier (références, objet, pièces jointes), consultez notre modèle de lettre à un avocat.

Par e-mail : plus court, pas moins poli
L’e-mail est devenu le canal le plus courant avec son avocat. Le ton peut s’alléger, la politesse ne disparaît pas.
En ouverture, « Maître, » ou « Bonjour Maître, » conviennent très bien. Le « Bonjour » passe sans problème avec votre propre avocat. Pour l’avocat adverse, restez sur « Maître, ».
En fin de message, une formule courte suffit :
- « Bien cordialement, »
- « Respectueusement, »
- « Avec mes remerciements, je vous prie de croire, Maître, à mes salutations distinguées. »
Pensez surtout à l’objet du mail. Indiquez votre nom et la référence du dossier (« Dossier Martin / SCI Les Pins »). Un cabinet reçoit des dizaines de messages par jour, et un objet précis vaut toutes les formules du monde. L’usage de « Bonjour Maître » est détaillé dans notre article sur la formule bonjour maître.
Au téléphone et en rendez-vous
À l’oral, tout est plus simple.
Vous dites « Bonjour Maître » en arrivant, puis vous pouvez employer « Maître » de temps en temps dans la conversation. Pas besoin de le placer à chaque phrase (ça finit par sonner faux).
Au standard, présentez-vous et donnez la référence du dossier : « Bonjour, je suis Paul Martin, client de Maître Durand, dossier contre la société X. » La secrétaire vous orientera bien plus vite.

Et si votre avocat vous propose de passer au prénom ? Suivez-le. La relation avocat-client reste professionnelle, mais elle n’a rien d’une cérémonie.
Les erreurs qui font mauvaise impression
Aucune de ces maladresses ne compromet votre dossier. Elles donnent juste une impression de négligence, ce qui est dommage quand on attend de l’avocat qu’il prenne votre affaire au sérieux.
- Écrire « Me » en appel : « Me, » ne s’utilise pas, écrivez « Maître, » en toutes lettres.
- Mélanger les registres : « Salut Maître » ou « Cordialement » seul après une lettre très formelle.
- Utiliser « Cher Maître » avec l’avocat de l’adversaire : la formule suppose une proximité que vous n’avez pas.
- Oublier les références du dossier, ce qui oblige le cabinet à vous recontacter.
Mon conseil : relisez votre message avant l’envoi en vous demandant si un inconnu pressé comprendrait en dix secondes qui vous êtes et ce que vous demandez.
Quand la politesse ne suffit plus
Vous avez écrit trois fois, poliment, et vous n’avez aucune réponse ? Le problème n’est plus la formule.
Relancez par un message court et daté, en rappelant vos précédents envois. Sans réponse, un courrier recommandé, puis une saisine du bâtonnier restent possibles. Notre article sur l’avocat qui ne répond pas à vos mails détaille ces étapes.
Pour aller plus loin sur la façon de rédiger un courrier efficace, vous pouvez aussi lire notre guide pour écrire à un avocat.
Questions fréquentes sur les formules de politesse pour un avocat
Faut-il dire Maître à une avocate ?
Oui. Le titre de Maître s’emploie pour les avocats comme pour les avocates. On écrit « Maître Durand » ou, en abrégé dans un texte, « Me Durand ».
Peut-on commencer un e-mail par Bonjour Maître ?
Oui, c’est tout à fait accepté avec votre propre avocat. Pour l’avocat de la partie adverse ou un premier contact formel, préférez « Maître, » seul.
Quelle formule de fin choisir pour une lettre à un avocat ?
La formule classique est « Je vous prie d’agréer, Maître, l’expression de mes salutations distinguées ». Avec votre avocat habituel, vous pouvez écrire « Cher Maître » en appel et le reprendre dans la formule de fin.
Le titre de Maître est-il obligatoire ?
Non, aucun texte ne l’impose. C’est un usage très répandu, et s’en écarter peut surprendre, surtout au premier échange.







