Un courrier de l’Assurance Maladie arrive pendant votre arrêt de travail. Il vous convoque au service médical, date et heure imposées. Première réaction fréquente : on me soupçonne de quelque chose.
Pas forcément. Le contrôle médical fait partie du fonctionnement normal de la Sécurité sociale, surtout lorsque l’arrêt se prolonge. Mais ce rendez-vous peut avoir des conséquences directes sur vos indemnités, alors mieux vaut le préparer.
Ce guide porte sur la convocation pendant un arrêt maladie. Pour la situation particulière d’un accident du travail, consultez notre article sur la convocation du médecin-conseil après un accident du travail.
Qui est le médecin-conseil et pourquoi vous convoque-t-il
Le médecin-conseil appartient au service du contrôle médical de l’Assurance Maladie. Il n’est ni votre médecin traitant ni le médecin du travail de votre entreprise. Son rôle consiste à vérifier que les prestations versées par la CPAM sont médicalement justifiées.
Il peut vous convoquer à tout moment de votre arrêt. Dans les faits, les convocations visent surtout les arrêts longs, les arrêts répétés ou les situations où une évolution est attendue : reprise, temps partiel thérapeutique, passage éventuel en invalidité.
À ne pas confondre avec la contre-visite demandée par votre employeur. Celle-ci est réalisée par un médecin mandaté par l’entreprise, qui peut ensuite transmettre ses conclusions à la CPAM.
Faut-il obligatoirement s’y rendre
Oui. Percevoir des indemnités journalières suppose d’accepter les contrôles de la caisse. Ne pas se présenter sans motif légitime expose à une suspension des indemnités.
Si vous ne pouvez vraiment pas vous déplacer (hospitalisation, état de santé incompatible avec le trajet), prévenez le service médical dès réception du courrier et envoyez un justificatif. Un rendez-vous peut alors être reporté ou un examen organisé autrement.
Et pensez à vos horaires de sortie. Même convoqué un autre jour, vous restez tenu de respecter ceux fixés sur votre arrêt, rappelés dans notre page sur l’arrêt maladie.
Les documents à apporter

Le médecin-conseil n’a pas forcément accès à tout votre dossier. Ce que vous apportez pèse donc dans son appréciation.
- la convocation et une pièce d’identité
- votre carte d’assurance maladie
- les certificats et comptes rendus de vos médecins, surtout les plus récents
- les résultats d’examens (imagerie, analyses, bilans)
- la liste de vos traitements en cours et les ordonnances
- le cas échéant, un courrier de votre médecin traitant expliquant pourquoi l’arrêt se prolonge
Mon conseil : classez tout par date dans une pochette. Un dossier lisible en deux minutes vaut mieux qu’un sac de papiers en vrac.
Comment se déroule l’examen

Le rendez-vous ressemble à une consultation classique. Le médecin vous interroge sur votre pathologie, vos traitements, vos limitations au quotidien et votre poste de travail. Il peut ensuite procéder à un examen clinique.
Décrivez vos difficultés concrètement. « Je ne peux pas rester assis plus de vingt minutes » parle davantage qu’un vague « j’ai mal au dos ». Sans exagérer, sans minimiser non plus (c’est souvent là que les assurés se pénalisent, par pudeur).
Le médecin-conseil est tenu au secret médical. Il ne transmet pas votre diagnostic à votre employeur, seulement un avis sur le plan administratif à la caisse. Pour les erreurs à éviter pendant l’entretien, notre article sur les pièges du médecin-conseil détaille les situations les plus courantes.
Après l’examen : les décisions possibles
| Avis du médecin-conseil | Conséquence pour vous |
|---|---|
| Arrêt justifié | Les indemnités journalières continuent |
| Arrêt non justifié | La CPAM vous notifie l’arrêt des indemnités à une date précise |
| Reprise possible à temps partiel | Un temps partiel thérapeutique peut être envisagé avec votre médecin |
| État stabilisé avec capacité de travail réduite | Une pension d’invalidité peut être étudiée |
Si l’arrêt est jugé non justifié, vous n’êtes pas obligé de reprendre le travail. Mais vous ne serez plus indemnisé par la caisse, et votre employeur peut cesser de verser son complément de salaire.
Après un arrêt maladie d’au moins 60 jours, une visite de reprise auprès du médecin du travail est obligatoire. C’est lui, et non le médecin-conseil, qui se prononce sur votre aptitude au poste. Si votre état ne permet pas de revenir, la procédure peut aboutir à un licenciement pour inaptitude.
Contester l’avis du médecin-conseil
Un avis défavorable n’est pas définitif. La notification de la CPAM précise la voie de recours et le délai à respecter, en général deux mois pour le recours préalable. Faute de solution à ce stade, le litige peut être porté devant le pôle social du tribunal judiciaire.
Lisez la notification attentivement, car la commission à saisir dépend de la nature de la contestation. Joignez à votre recours des éléments médicaux récents et précis.
À mon sens, un recours sans certificat circonstancié de votre médecin a peu de chances d’aboutir. Pour un enjeu financier lourd (invalidité, longue maladie), l’aide d’un avocat en droit de la Sécurité sociale peut se justifier.
Questions fréquentes sur la convocation du médecin-conseil
Peut-on refuser une convocation du médecin-conseil ?
Non. Se soumettre au contrôle médical fait partie des obligations de l’assuré qui perçoit des indemnités journalières. Une absence sans motif légitime peut entraîner la suspension de ces indemnités. Si la date ne vous convient pas pour une raison sérieuse, prévenez le service médical au plus vite.
Le médecin-conseil peut-il mettre fin à mon arrêt de travail ?
Il ne retire pas l’arrêt prescrit par votre médecin, mais il peut estimer qu’il n’est plus médicalement justifié. La CPAM cesse alors de verser les indemnités journalières à partir de la date indiquée dans sa notification. Vous pouvez contester cette décision.
Quelle différence avec le médecin du travail ?
Le médecin-conseil dépend de l’Assurance Maladie et se prononce sur la justification de l’arrêt et le versement des indemnités. Le médecin du travail se prononce sur votre aptitude à occuper votre poste dans l’entreprise. Leurs avis n’ont pas le même objet et peuvent diverger.
Comment contester l’avis du médecin-conseil ?
La notification de la CPAM indique la voie et le délai de recours, en général deux mois pour saisir la commission compétente avant tout recours devant le pôle social du tribunal judiciaire. Joignez à votre recours les certificats et comptes rendus récents de vos médecins.





