Vous venez de rédiger un mail à votre avocat et vous bloquez sur la dernière ligne. « Cordialement » suffit-il ? Faut-il écrire « Maître » à chaque phrase ?
Bonne nouvelle : personne ne perdra votre dossier pour une formule mal choisie. Mais une formule juste installe un ton correct dès le premier échange, et ça compte quand la relation va durer des mois.
Cette page sert d’aide-mémoire. Elle classe les formules par situation : appel, rendez-vous, mail, courrier, relance.

La règle de base : « Maître »
En France, on s’adresse à un avocat en l’appelant « Maître », qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. On écrit « Maître Durand », jamais « Maître Paul Durand » dans le corps du texte, et l’abréviation « Me » se réserve aux adresses et aux mentions écrites.
Le titre ne se décline pas au féminin. On dit « Maître » à une avocate, comme à un avocat.
Pour l’origine de ce titre et ses usages à l’oral, notre article consacré à la formule « Bonjour Maître » va plus loin.
Tableau des formules selon la situation
| Situation | Pour commencer | Pour terminer |
|---|---|---|
| Appel téléphonique | Bonjour Maître | Merci Maître, bonne journée |
| Rendez-vous au cabinet | Bonjour Maître | Merci pour votre temps, Maître |
| Premier mail | Maître, | Je vous prie d’agréer, Maître, l’expression de mes salutations distinguées. |
| Mails suivants | Bonjour Maître, | Bien cordialement |
| Lettre papier | Maître, | Je vous prie de croire, Maître, en l’assurance de ma considération distinguée. |
| Relance | Maître, | Dans l’attente de votre retour, je vous prie d’agréer, Maître, mes salutations distinguées. |
À mon sens, le piège classique se trouve dans la formule de fin : on la rallonge à l’excès. Une phrase bien construite vaut mieux que trois adjectifs empilés.
Au téléphone et en rendez-vous
À l’oral, faites simple. « Bonjour Maître » en ouverture, puis vous parlez normalement. Inutile de répéter le titre à chaque phrase.
Présentez-vous tout de suite avec votre nom et la référence de votre dossier si vous l’avez. Le secrétariat d’un cabinet gère souvent des centaines de dossiers.

En rendez-vous, on serre la main (ou on attend que l’avocat la tende), on vouvoie, et on garde « Maître » pour saluer et remercier. Si l’avocat vous propose de l’appeler par son prénom, rien ne vous empêche d’accepter.
Par mail : formel au début, plus souple ensuite
Pour un premier contact, ouvrez par « Maître, » seul sur sa ligne, puis exposez votre demande en quelques paragraphes clairs. Terminez par une formule complète du type « Je vous prie d’agréer, Maître, l’expression de mes salutations distinguées ».
Une fois les échanges lancés, « Bonjour Maître » et « Bien cordialement » suffisent largement. Les avocats eux-mêmes écrivent ainsi entre eux.
Et pensez à l’objet du mail. Votre nom, la nature de l’affaire, une date si elle est urgente. Notre guide pour écrire à un avocat détaille la structure d’un message efficace.
Par courrier : les formules classiques
La lettre papier reste fréquente pour les envois importants (pièces originales, contestation d’honoraires, résiliation de la convention). Elle appelle un style plus classique.
Quelques formules de fin qui fonctionnent :
- « Je vous prie d’agréer, Maître, l’expression de mes salutations distinguées. »
- « Je vous prie de croire, Maître, en l’assurance de ma considération distinguée. »
- « Vous remerciant par avance de l’attention portée à mon dossier, je vous prie d’agréer, Maître, mes salutations respectueuses. »
Le titre « Maître » se place entre virgules dans la formule finale. Et la formule doit reprendre exactement l’appel du début.
Les mêmes principes s’appliquent avec d’autres professionnels du droit, avec des nuances. Voyez par exemple les formules adaptées à un notaire.

Relancer un avocat sans froisser
Votre avocat ne répond plus depuis trois semaines ? Restez courtois, mais soyez précis. Rappelez la date de votre dernier message, la question en suspens et, s’il y en a une, l’échéance qui approche.
Mais la politesse a ses limites. Si le silence dure malgré plusieurs relances, d’autres démarches existent, jusqu’à la saisine du bâtonnier. Nous les décrivons dans notre article que faire quand votre avocat ne répond pas à vos mails.
Un dernier détail : vos échanges avec votre avocat sont couverts par le secret professionnel. Vous pouvez lui écrire franchement, sans détour, il en a besoin pour bien vous défendre.
Les maladresses les plus courantes
Aucune ne vous fera perdre votre procès. Certaines font quand même mauvaise impression, surtout dans un premier courrier.
- « Maîtresse » ou « Madame l’avocate » en formule d’appel. Le titre reste « Maître », pour un homme comme pour une femme.
- « Cher Maître » dès le premier message. La formule existe, mais elle suppose une certaine familiarité. Gardez-la pour plus tard, si la relation s’y prête.
- Une formule finale qui ne reprend pas l’appel. Vous ouvrez par « Maître, » ? La formule de fin doit contenir « Maître » entre virgules, et rien d’autre à la place.
- Un message sans nom complet ni référence. Signez avec vos prénom et nom, et rappelez la référence du dossier. Le cabinet ne devrait pas avoir à deviner qui écrit.
- Le mélange des tons. Une formule très solennelle à la fin d’un mail rédigé comme un SMS sonne faux. Restez cohérent du début à la fin.
À mon sens, la clarté du message compte plus que la formule. Un avocat pardonne volontiers un « Cordialement » un peu sec. Il apprécie beaucoup moins de devoir relire trois fois une demande confuse.
Écrire à l’avocat de la partie adverse
Situation différente : vous êtes en litige et c’est l’avocat de l’autre camp qui vous écrit. Les formules de politesse restent les mêmes. « Maître, » en ouverture, une formule classique en fin de courrier.
Le fond, lui, demande plus de prudence. Cet avocat défend les intérêts de votre adversaire, pas les vôtres. Tout ce que vous lui écrivez peut être utilisé dans le dossier. Évitez donc de vous justifier longuement, de reconnaître un tort sous le coup de l’émotion ou de joindre des documents sans réfléchir.
Et si vous avez vous-même un avocat, laissez-le gérer ces échanges. Les règles de la profession interdisent en principe à l’avocat adverse de traiter directement avec vous dans ce cas. S’il vous contacte quand même, transmettez simplement le message à votre conseil.
Mon conseil : avant d’envoyer une réponse à l’avocat adverse, relisez-la le lendemain. Un courrier écrit à chaud est rarement celui que l’on aurait voulu envoyer.
Questions fréquentes sur la formule de politesse pour un avocat
Faut-il dire « Maître » à une avocate ?
Oui. Le titre « Maître » s’emploie pour les avocats comme pour les avocates, sans forme féminine.
Peut-on terminer un mail à un avocat par « Cordialement » ?
Oui, une fois la relation établie. Pour un premier contact, une formule plus complète du type « Je vous prie d’agréer, Maître, l’expression de mes salutations distinguées » reste préférable.
Comment s’adresser au bâtonnier ?
Le bâtonnier dirige l’ordre des avocats d’un barreau. On lui écrit en commençant par « Monsieur le Bâtonnier » ou « Madame le Bâtonnier », et l’on reprend le même titre dans la formule finale.
Faut-il écrire « Me » ou « Maître » ?
« Me » s’utilise dans une adresse ou une mention écrite, par exemple sur l’enveloppe. Dans le corps de la lettre et dans les formules de politesse, on écrit « Maître » en toutes lettres.



