Un enfant malade, un parent dépendant, un proche en fin de vie, un mariage ou un décès dans la famille : le salarié peut-il s’absenter, et sera-t-il payé ?
Le Code du travail prévoit plusieurs réponses, et elles ne se ressemblent pas. Certaines absences sont courtes et payées par l’employeur. D’autres durent des mois, sans salaire, mais ouvrent droit à une allocation versée par la Caf.
Ce guide fait le tour de toutes les absences possibles, avec les durées minimales légales et les démarches à faire. Si vous cherchez plutôt une définition détaillée et ses effets sur le contrat, lisez notre article sur le congé pour raison familiale et ses implications.
Les congés pour événements familiaux : courts, payés, de droit
Les articles L3142-1 et suivants du Code du travail accordent des jours d’absence lors de certains événements de la vie familiale. Votre ancienneté ne compte pas. CDI, CDD, temps partiel ou intérim, tout le monde y a droit.
Ces jours ne réduisent pas votre salaire. Ils comptent aussi comme du temps de travail effectif pour vos congés payés.
| Événement | Durée minimale légale |
|---|---|
| Mariage ou Pacs du salarié | 4 jours |
| Mariage d’un enfant | 1 jour |
| Naissance, ou arrivée d’un enfant en vue de son adoption | 3 jours |
| Décès d’un enfant | 12 jours ouvrables, ou 14 jours ouvrables si l’enfant avait moins de 25 ans ou était lui-même parent |
| Décès du conjoint, du partenaire de Pacs ou du concubin | 3 jours |
| Décès du père, de la mère, du beau-père, de la belle-mère, d’un frère ou d’une sœur | 3 jours |
| Annonce d’un handicap, d’une pathologie chronique ou d’un cancer chez un enfant | 10 jours ouvrables |
Ce sont des planchers. Le détail des justificatifs et un cas pratique figurent dans notre guide des congés pour événements familiaux. Votre convention collective peut prévoir davantage, et c’est fréquent pour le décès d’un grand-parent, absent de la liste légale.
Un détail qui surprend : si l’événement tombe pendant vos congés payés, vous ne récupérez pas ces jours, sauf accord collectif plus favorable.
Enfant malade, deuil, maladie grave : les absences plus longues
Quand votre enfant tombe malade ou se blesse, vous pouvez prendre un congé pour enfant malade sur présentation d’un certificat médical. Il dure 3 jours par an. Ce plafond passe à 5 jours si l’enfant a moins d’un an ou si vous avez au moins trois enfants à charge de moins de 16 ans.
L’employeur ne peut ni le refuser ni le reporter. Mais il n’est pas payé, sauf si votre convention collective maintient le salaire (vérifiez, beaucoup le font).
En cas de décès d’un enfant de moins de 25 ans, un congé de deuil de 8 jours s’ajoute aux jours pour événement familial. Vous pouvez le fractionner en deux périodes au plus et le prendre dans l’année qui suit le décès. La Sécurité sociale verse des indemnités journalières pendant ce congé.

Votre enfant a besoin d’une présence soutenue à cause d’une maladie grave, d’un handicap ou d’un accident grave ? Le congé de présence parentale vous permet de vous absenter jusqu’à 310 jours ouvrés sur trois ans. La Caf peut verser l’allocation journalière de présence parentale (AJPP) pour compenser une partie du salaire perdu.
Pour un jeune enfant en bonne santé, la logique change. Depuis le 1er juillet 2026, chaque parent d’un enfant né ou adopté à partir du 1er janvier 2026 peut prendre un congé supplémentaire de naissance. Il dure un ou deux mois et il est indemnisé par la Sécurité sociale. Au-delà, c’est le congé parental d’éducation qui s’applique, avec ses propres conditions de congé parental, notamment d’ancienneté.
Parent âgé, proche malade ou en fin de vie : les congés d’aidant

Vous accompagnez un parent dépendant, un conjoint handicapé ou un proche en perte d’autonomie ? Le congé de proche aidant vous concerne. Il dure trois mois, renouvelable, dans la limite d’un an sur toute votre carrière.
Pendant ce congé, votre contrat est suspendu et l’employeur ne vous paie pas. La Caf, ou la MSA, peut vous verser l’allocation journalière du proche aidant (AJPA). Elle est de 66,64 € par journée selon Service-public.fr, dans la limite de 66 jours par personne aidée. Si votre entreprise a mis en place un compte épargne temps, voyez comment utiliser son compte épargne temps pour financer une absence.
Quand le proche est en fin de vie, le congé de solidarité familiale prend le relais. Il dure trois mois, renouvelable une fois, et ouvre droit à une allocation journalière d’accompagnement.
Attention à ne pas confondre ces congés avec un arrêt maladie. L’arrêt de travail concerne votre propre santé, pas celle d’un proche, et la CPAM peut le contrôler.
Comment demander votre absence à l’employeur
Pour un événement familial, prévenez votre employeur dès que possible et fournissez un justificatif : acte de mariage, acte de naissance ou acte de décès.
Pour les congés longs, le formalisme pèse davantage :
- congé de proche aidant ou de solidarité familiale : demande écrite, dans le délai fixé par votre accord collectif ou, à défaut, par le Code du travail (un mois avant le départ pour le congé de proche aidant, avec un délai réduit en cas d’urgence)
- congé de présence parentale : demande écrite accompagnée d’un certificat médical qui atteste de la gravité de l’état de l’enfant
- congé pour enfant malade : un simple certificat médical suffit
Gardez une trace de chaque échange. Un mail suffit souvent. En cas de tension, préférez la lettre recommandée avec accusé de réception.
Partir sans prévenir ni justifier, même pour une vraie urgence, peut être traité comme une absence injustifiée au travail. La plupart des employeurs se montrent compréhensifs si vous régularisez vite. Rien ne les y oblige. Si l’absence se prolonge sans justification, voyez aussi les conséquences d’un abandon de poste sur le salaire.
Et si l’employeur refuse ?
Pour les jours d’événement familial et l’enfant malade, il n’a pas le choix. Un refus peut être contesté devant le conseil de prud’hommes.
Pour les congés d’aidant, il ne peut pas refuser le principe du congé si vous remplissez les conditions. Il peut en revanche refuser un temps partiel ou un fractionnement, qui supposent son accord.
Replacer chaque absence dans l’ensemble de vos droits de salarié aide à garder la tête froide. Et si le conflit s’envenime (sanction, pression, menace de licenciement), un avocat en droit du travail ou un défenseur syndical vous dira si la mesure tient.
Questions fréquentes sur l’absence pour raison familiale
Combien de jours d’absence pour le décès d’un grand-parent ?
Le Code du travail ne prévoit aucun jour pour le décès d’un grand-parent. Votre convention collective ou un accord d’entreprise en accorde souvent un ou deux. À défaut, vous pouvez poser un jour de congé payé ou demander une autorisation d’absence à votre employeur.
Les jours pour événement familial sont-ils payés ?
Oui. Ils n’entraînent aucune retenue sur salaire et comptent comme du travail effectif pour le calcul de vos congés payés. Seul le congé pour enfant malade fait exception : il n’est pas rémunéré, sauf disposition conventionnelle plus favorable.
Un salarié en période d’essai a-t-il droit à ces congés ?
Oui. Aucune condition d’ancienneté n’est exigée pour les congés pour événements familiaux. Ils s’appliquent aussi en CDD, à temps partiel et en intérim.
Faut-il prendre les jours le jour même de l’événement ?
En principe, les jours se prennent au moment de l’événement ou dans les jours qui l’entourent. Votre convention collective peut préciser cette période. Un report à plusieurs semaines suppose l’accord de l’employeur.
Sources
- Service Public : congé du salarié pour enfant malade dans le secteur privé
- Service Public : congé de proche aidant
- Service-public.fr, fiches F34158 (annonce du handicap d’un enfant) et F39685 (congé supplémentaire de naissance)
- Code du travail, article L3142-4








j ai peur d etre renvoyee je suis colporteur de presse mon mari a fait un a v c j ai du prendre 10 jours de conge pour m occuper de lui merci